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FAQ & comparatifs

daltonismeaptitude medicalevision couleursarrete 6 aout 2010

Daltonisme SNCF/RATP : conducteur non, ces métiers oui

Daltonisme et métiers SNCF/RATP : compatibilité par métier (conducteur, aiguilleur, ASCT, machiniste, agent escale). Tests Ishihara, arrêté 2010, recours possibles.

Par Équipe test-transport.fr8 min de lecture

Quelle est la règle générale pour le daltonisme dans le ferroviaire ?

La règle générale, posée par le droit français, est que les métiers exposés à la lecture de signaux colorés (feux ferroviaires, panneaux de circulation) nécessitent une vision des couleurs normale. Cela concerne en priorité les conducteurs de train, les aiguilleurs et les agents de circulation côté SNCF, et leurs équivalents RATP côté métro / RER / tramway.

Cette exigence est fixée par l'arrêté du 6 août 2010 relatif à la certification des conducteurs de train (Légifrance, version consolidée lue le 6 septembre 2026 ; son article 16 a été modifié par l'arrêté du 24 mars 2026), qui impose explicitement que le conducteur ait une vision normale des couleurs, vérifiée par un test reconnu — en pratique le test d'Ishihara — éventuellement complété par un autre test reconnu si nécessaire. Pour les tâches critiques pour la sécurité ferroviaire autres que la conduite (aiguilleur, agent circulation), c'est désormais l'arrêté du 24 mars 2026 (Légifrance, JORFTEXT000053717662, version consolidée lue le 6 septembre 2026) qui s'applique : il a abrogé l'arrêté du 7 mai 2015 (article 16) au 1ᵉʳ avril 2026. Il ne fixe lui-même aucun critère chiffré, mais l'exigence n'a pas disparu : elle est portée par le point 4.7.3.2 du règlement d'exécution (UE) 2019/773, auquel il renvoie, et qui impose la même vision des couleurs normale vérifiée par un test reconnu.

À l'inverse, les métiers sans contact direct avec les signaux colorés ne sont en principe pas exclusifs aux candidats daltoniens : agent commercial trains (ASCT / contrôleur), agent escale, agent de vente, métiers techniques de maintenance, fonctions administratives, métiers IT/digital SNCF Tech, ressources humaines. Pour ces fonctions, la visite médicale d'embauche standard suffit.

Cette page recense la compatibilité métier par métier pour vous aider à orienter votre candidature si vous êtes daltonien. Avertissement : seul le médecin agréé qui vous examine peut trancher sur votre cas personnel. Les règles ci-dessous sont des principes généraux issus des textes officiels — leur application individuelle est toujours médicale.

Conducteur SNCF : le daltonisme est-il rédhibitoire ?

Oui, dans le cas général. L'arrêté du 6 août 2010 est explicite : pour exercer la fonction de conduite de train (TGV, TER, Transilien, Intercités, Fret), le candidat doit présenter une vision des couleurs normale, attestée par un test reconnu. Le test communément utilisé est le test d'Ishihara (planches de pseudo-isochromatisme avec chiffres masqués dans des points colorés), éventuellement complété par un test plus discriminant si nécessaire (Farnsworth ou autres tests cliniques reconnus).

La logique est opérationnelle : le conducteur lit en permanence des signaux ferroviaires colorés (rouge = arrêt absolu, jaune = ralentissement, vert = voie libre, ainsi que feux secondaires et indicateurs complémentaires). Une confusion de couleurs sur un signal peut générer un incident grave, voire un accident. C'est pourquoi le médecin agréé par le Ministère des Transports qui réalise la visite d'aptitude initiale et les visites périodiques est strictement attentif à ce point.

L'arrêté prévoit cependant des exceptions au cas par cas : dans des cas particuliers, un avis spécialisé d'ophtalmologue peut autoriser des dérogations limitées, à la discrétion du médecin agréé. Mais pour le daltonisme avéré (déficience rouge-vert significative), la dérogation est en pratique très exceptionnelle. Pour comprendre l'ensemble du parcours conducteur et les autres conditions d'aptitude, voir notre guide conducteur RER Transilien.

Quel test de vision des couleurs : Ishihara, Farnsworth, autres ?

Le test de référence cité par l'arrêté du 6 août 2010 est le test d'Ishihara. Il consiste en une série de planches sur lesquelles des chiffres ou des motifs sont dessinés en points colorés sur un fond également en points colorés. Une vision normale des couleurs permet de discerner facilement le chiffre ; un daltonisme rouge-vert le rend invisible ou ambigu. Le test prend quelques minutes et se passe sous éclairage standardisé.

L'arrêté prévoit que le test d'Ishihara peut être complété par un autre test reconnu si nécessaire pour préciser la nature ou la sévérité du défaut. Le test de Farnsworth (arrangement de pastilles colorées par ordre de teinte) est l'un des compléments classiques utilisés en médecine du travail ophtalmologique. Il permet de distinguer un daltonisme léger d'un daltonisme sévère, et d'identifier l'axe précis du défaut (protan = rouge, deutan = vert, tritan = bleu).

À noter pratique : la correction par lunettes standard (myopie, hypermétropie, astigmatisme) ne modifie pas la perception des couleurs — donc des lunettes correctrices ne « guérissent » pas le daltonisme. Des lunettes spécifiques de filtrage chromatique existent dans le commerce, mais elles ne sont pas reconnues comme correction valable par les tests d'aptitude ferroviaire — le candidat est évalué sans elles.

Aiguilleur et agent circulation : règles similaires au conducteur ?

Oui dans la logique, par un texte distinct. Les aiguilleurs et agents de circulation (métiers SNCF Réseau) exercent des tâches critiques pour la sécurité ferroviaire autres que la conduite, encadrées depuis le 1ᵉʳ avril 2026 par l'arrêté du 24 mars 2026 (Légifrance, JORFTEXT000053717662, version consolidée lue le 6 septembre 2026), qui a abrogé l'arrêté du 7 mai 2015 (article 16). Ce texte ne fixe lui-même aucun critère chiffré : il renvoie au point 4.7 de l'annexe du règlement d'exécution (UE) 2019/773 (version consolidée du 28 septembre 2023 et rectificatifs de décembre 2024, lue le 6 septembre 2026), dont le point 4.7.1 vise expressément le personnel « qui exécute les tâches liées au départ et à l'autorisation de mouvement des trains ». L'exigence n'a pas disparu avec l'arrêté abrogé, elle a changé de support : le point 4.7.3.2 impose les mêmes conditions d'aptitude médicale que pour le conducteur sur la vision des couleurs, pour une raison opérationnelle : l'aiguilleur commande à distance des signaux et des aiguillages et observe en permanence des panneaux et écrans à indicateurs colorés dans son poste de commande (PAL local ou CCR centralisé).

Une mauvaise lecture d'un signal couleur sur un écran de poste = même risque qu'une confusion en cabine. La visite d'aptitude de l'aiguilleur est réalisée par un médecin qualifié (l'agrément ministériel n'est plus délivré pour les tâches hors conduite depuis le 29 juin 2024) et exige une vision des couleurs normale, vérifiée par un test reconnu — en pratique le test d'Ishihara — complété par un autre test reconnu en cas de besoin. C'est la rédaction exacte du point 4.7.3.2, et la Commission ferroviaire d'aptitudes l'a reprise mot pour mot dans ses préconisations du 5 juin 2024.

Pour comprendre le métier d'aiguilleur dans son ensemble, voir notre guide devenir aiguilleur SNCF.

ASCT contrôleur SNCF : moins de contraintes ?

Oui. Le métier d'ASCT (Agent du Service Commercial Trains) — communément appelé contrôleur — ne relève pas de l'arrêté du 24 mars 2026, dont l'article 3 vise les tâches liées au départ et à l'autorisation de mouvement des trains. L'ASCT exerce une mission commerciale et de service voyageurs (contrôle billets, information, assistance, médiation) ; il n'a pas à interpréter des signaux ferroviaires colorés dans le cadre de sa fonction. Attention cependant : le point 4.7.1 du règlement (UE) 2019/773 range le personnel d'accompagnement des trains autre que le conducteur parmi ceux auxquels s'appliquent ses exigences d'aptitude. Dire que l'ASCT n'est soumis à aucune exigence serait faux.

En conséquence, le daltonisme n'est en principe pas une contre-indication au métier d'ASCT. La visite médicale d'embauche reste obligatoire mais selon les règles de la médecine du travail standard, pas selon l'aptitude TCS (Titulaire d'une fonction de sécurité). Vérifier systématiquement avec le médecin agréé SNCF lors de votre visite, car certaines spécialisations ASCT (rôles d'encadrement, missions accompagnement TER zones sensibles) peuvent ajouter des exigences spécifiques.

Pour comprendre le métier d'ASCT, voir notre guide devenir contrôleur SNCF ASCT.

Conducteur RATP : règles différentes de SNCF ?

Dans la logique générale, non : les conducteurs de métro RATP, de RER RATP (lignes A et B exploitées en partie par RATP) et de tramway RATP sont confrontés au même besoin opérationnel — interpréter des signaux ferroviaires colorés — et le régime d'aptitude médicale RATP applique des règles similaires à celles de la SNCF côté vision des couleurs.

Le détail réglementaire RATP n'est pas publié avec autant de précision que la SNCF (qui publie via Légifrance ses arrêtés sectoriels). En pratique, le candidat conducteur RATP passe une visite médicale d'aptitude post-sélection, conduite par un médecin du travail RATP, qui applique des grilles d'aptitude définies en interne mais qui convergent avec les exigences ferroviaires nationales sur la dimension vision des couleurs.

Pour le métier conducteur de métro RATP, voir notre guide conducteur métro RATP.

À noter : sur le métro RATP, l'automatisation progressive des lignes (1, 4, 14 totalement automatiques, autres en cours de modernisation) peut faire évoluer les exigences à long terme, mais les conducteurs continuent à être recrutés pour les lignes non-automatiques et les rôles de superviseur des lignes automatiques (qui restent en lien avec les signaux de supervision).

Machiniste-receveur bus RATP : permis D et daltonisme ?

Le machiniste-receveur bus RATP conduit un véhicule routier (autobus) sur voirie publique. Il doit donc être titulaire du permis D (transport en commun de personnes). Or l'aptitude au permis D inclut, dans le cadre du Code de la route et de la visite médicale spécifique permis D, une vérification de la vision des couleurs (capacité à distinguer notamment les feux de circulation routière).

En conséquence, un daltonisme avéré significatif peut rendre le permis D inaccessible, et donc fermer indirectement le métier de machiniste-receveur RATP. Les règles précises (niveau de daltonisme rédhibitoire, types de tests) relèvent de l'arrêté du 21 décembre 2005 fixant la liste des affections médicales pour les permis de conduire, plus restrictif pour le permis D que pour le permis B.

Vérifier votre situation auprès d'un médecin agréé permis D avant de candidater à RATP, pour éviter une démarche longue qui se solderait par un refus médical tardif. Pour le métier dans son ensemble, voir notre guide machiniste-receveur RATP.

Daltonisme partiel vs sévère : nuances dans l'évaluation ?

Oui, mais pas avec la souplesse souvent espérée. Les textes (arrêté 2010, arrêté 2015) parlent de vision normale des couleurs, ce qui exclut en principe toute déficience caractérisée. Cependant, l'arrêté 2010 prévoit que le test d'Ishihara peut être complété par d'autres tests reconnus ; cette possibilité ouvre une marge d'évaluation au médecin agréé.

Concrètement : - Daltonisme rouge-vert sévère (protanopie, deutéranopie complètes) : exclusion quasi-certaine des métiers conduite, aiguillage, circulation - Daltonisme rouge-vert léger (protanomalie, deutéranomalie légères) : évaluation au cas par cas par le médecin agréé, souvent défavorable mais des dérogations exceptionnelles existent sur avis ophtalmologique - Daltonisme bleu-jaune (tritanopie) : très rare, évaluation également au cas par cas - Daltonisme acquis (post-maladie ou médicament) : évalué selon la stabilité et la sévérité

Aucune source publique ne publie de statistiques précises sur le taux de dérogation accordé ou refusé. La décision est purement médicale et individuelle — il faut donc consulter un médecin agréé avant de bâtir un projet professionnel ferroviaire si un doute existe.

Recours et reclassement en cas de refus médical ?

Recours médical : en cas de refus d'aptitude initial, le candidat peut généralement solliciter un avis spécialisé d'ophtalmologue et demander que le dossier soit re-examiné par le médecin agréé. Il existe également une Commission ferroviaire d'aptitudes (CFA) rattachée au Ministère des Transports (voir documentation EPSF — Établissement Public de Sécurité Ferroviaire) qui peut être saisie pour des situations particulières d'aptitude. Le recours n'aboutit que si un argument médical ou réglementaire nouveau peut être présenté ; un simple appel au bon vouloir n'aboutit pas.

Reclassement interne : si le refus arrive après une période d'activité (par exemple un conducteur en poste développe un déficit de vision des couleurs au cours de sa carrière), la SNCF et la RATP disposent de dispositifs de reclassement professionnel vers des fonctions compatibles (commercial, administratif, formation). Ces dispositifs sont individualisés et négociés avec le service RH et la médecine du travail.

Pour un candidat externe refusé sur daltonisme, le reclassement automatique n'existe pas — mais les métiers SNCF/RATP sans contact signaux restent ouverts : ASCT, agent commercial, métiers techniques maintenance hors signalisation, métiers IT, ressources humaines, contrôle de gestion. Voir notre comparatif SNCF vs RATP pour explorer les autres voies.

À retenir

  • Conducteur SNCF : vision normale des couleurs obligatoire (arrêté 6 août 2010, test Ishihara + complément éventuel)
  • Aiguilleur / agent circulation SNCF Réseau : règles similaires au conducteur — vision des couleurs normale exigée (arrêté du 24 mars 2026, qui renvoie au point 4.7.3.2 du règlement (UE) 2019/773)
  • ASCT contrôleur : pas d'exclusion sur le daltonisme — fonction commerciale sans interprétation de signaux
  • Conducteur métro / RER / tram RATP : règles similaires SNCF (textes réglementaires RATP non publiés au même niveau de détail mais convergence opérationnelle)
  • Machiniste-receveur bus RATP : daltonisme peut bloquer le permis D lui-même, et donc l'accès au métier
  • Métiers compatibles daltoniens : ASCT, agent commercial/escale, métiers techniques maintenance hors signalisation, IT/digital SNCF Tech, RH, contrôle gestion, fonctions administratives, agent SUGE (à vérifier avec médecin agréé selon mission)
  • Tests utilisés : Ishihara (standard), Farnsworth (complément classique)
  • Lunettes correctrices standard ne « guérissent » pas le daltonisme — pas reconnues
  • Recours possibles : avis ophtalmologique spécialisé, Commission ferroviaire d'aptitudes (CFA), reclassement interne après activité
  • Avertissement final : seul votre médecin agréé peut trancher sur votre cas. Cette page recense les principes — l'application est individuelle.

Pour cibler votre candidature selon le métier accessible à votre profil, consultez nos guides conducteur RER Transilien, aiguilleur SNCF, ASCT, conducteur métro RATP, machiniste-receveur RATP, agent SUGE, et le comparatif SNCF vs RATP.